Le site protégé de Vjosa-Narta est l’un des écosystèmes côtiers les plus extraordinaires d’Europe, une mosaïque de lagunes, de zones humides et d’eaux peu profondes d’une importance écologique exceptionnelle.
Il abrite plus de 70 espèces menacées et plus de 200 espèces d’oiseaux, dont des flamants roses et des pélicans dalmatiens. Il se situe sur la voie migratoire de l’Adriatique — l’un des couloirs migratoires les plus importants du monde — par lequel transitent chaque année des millions d’oiseaux entre l’Afrique et l’Europe. Ses eaux marines et côtières environnantes comptent parmi les derniers refuges méditerranéens du phoque moine de Méditerranée, une espèce menacée, et constituent un site de reproduction essentiel pour la tortue caouanne.
Classé « zone protégée » en 2004 et renforcé par la loi albanaise de 2017 sur les zones protégées, ce site est reconnu pour sa grande valeur en matière de biodiversité, son importance cruciale pour les oiseaux migrateurs, ainsi que pour son caractère paysager et écologique exceptionnel, constituant un patrimoine naturel d’importance tant nationale que mondiale.
La loi n° 21/2024 a introduit des modifications au cadre albanais régissant les zones protégées, autorisant certains aménagements liés au tourisme au sein des différentes catégories de zones protégées, y compris les paysages protégés, et assouplissant les règles de zonage et d’affectation des sols. Les organisations environnementales ont exprimé leur inquiétude quant au fait que ces changements pourraient affaiblir les mesures de conservation mises en place dans des zones écologiquement sensibles telles que Vjosa–Narta.
À la suite de ces changements législatifs, d’importants projets touristiques ont été annoncés pour la région de Vjosa–Narta et ses environs, et les travaux préparatoires et de construction auraient déjà commencé dans certaines parties de la zone. Cela a suscité de vives inquiétudes parmi les organisations environnementales, les scientifiques et les citoyens quant à l’avenir de cet écosystème fragile, l’association PPNEA, membre du MIO-ECSDE, avertissant que l’ampleur des dommages serait sans précédent si ces travaux étaient menés à bien.
Nous exprimons donc notre solidarité avec la PPNEA et la population albanaise pour la protection de l’écosystème de Vjosa-Narta et, conformément à la Convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, nous nous joignons à la PPNEA pour demander :
- La communication complète et proactive des informations environnementales, y compris l’ensemble des plans d’aménagement, des autorisations, des contrats, des études environnementales et des accords relatifs aux projets en cours et proposés dans le paysage protégé de Vjosa–Narta.
- La publication immédiate de toutes les évaluations scientifiques, écologiques et techniques qui ont servi de base aux modifications législatives de 2024 et à toute décision ultérieure en matière d’aménagement ou d’octroi d’autorisations.
- Une participation effective et significative du public à tous les processus décisionnels ayant une incidence sur l’écosystème de Vjosa–Narta, garantissant une consultation en temps utile des communautés locales, des scientifiques et de la société civile, conformément aux exigences de la Convention d’Aarhus.
- L’accès à la justice et aux procédures de recours, garantissant que toutes les décisions, autorisations et évaluations pertinentes fassent l’objet d’un contrôle juridique et administratif indépendant lorsque les obligations environnementales n’ont peut-être pas été pleinement respectées.
- L’application du principe de précaution, y compris la suspension des activités dans les zones écologiquement sensibles où les impacts environnementaux significatifs sont incertains ou n’ont pas encore été évalués de manière adéquate.
- Protection de l’intégrité écologique de l’écosystème de la Vjosa-Narta, y compris ses zones humides, ses lagunes et ses habitats d’oiseaux migrateurs, conformément aux engagements applicables de l’Union européenne et aux engagements internationaux en matière de biodiversité.
Cela ne constitue pas un appel à renoncer à l’investissement ou au tourisme. Il s’agit d’un appel à la transparence, à l’intégrité scientifique et au respect total de la législation environnementale et des engagements en matière de biodiversité dans les décisions concernant les zones protégées. Le développement durable et la conservation de la nature doivent aller de pair. Les décisions concernant les zones protégées doivent être guidées par la science, la prudence et le sens des responsabilités envers les générations futures.
💚 MIO-ECSDE se joint à la PPNEA et au peuple albanais pour défendre le paysage protégé de Vjosa–Narta.
👉 Nous invitons tout le monde à soutenir la pétition de la PPNEA adressée au gouvernement albanais, à la Commission européenne, au Parlement européen et aux organisations environnementales internationales, à la signer et à la diffuser largement.
Certains paysages, une fois perdus, ne peuvent être restaurés : ils sont perdus non seulement pour l’Albanie, mais aussi pour nous tous et pour les générations futures.