Du 7 au 9 juillet 2026, dans le cadre du projet Interreg Euro-MED MIRAMAR, le HCMR et le MIO-ECSDE ont mené à bien une campagne d’échantillonnage de trois jours dans le golfe d’Amvrakikos, l’un des écosystèmes côtiers les plus importants sur le plan écologique en Grèce.

Cette campagne visait principalement à évaluer les effets cumulés de multiples facteurs de stress environnementaux sur les herbiers marins, qui comptent parmi les habitats marins les plus précieux de la Méditerranée. Les écosystèmes d’herbiers marins jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité, le stockage du carbone bleu, la protection des côtes et la pérennité des pêcheries. Ils sont pourtant de plus en plus menacés par des pressions qui s’additionnent, notamment la pollution chimique et plastique, le bruit sous-marin, les espèces envahissantes et les effets du changement climatique.

Au cours de la mission sur le terrain, les chercheurs ont prélevé des échantillons d’eau, de sédiments et de biote (herbiers marins, poissons) afin d’étudier comment ces facteurs de stress agissent conjointement sur la santé et la résilience des herbiers marins. Ces échantillons feront l’objet d’analyses visant à détecter la présence de contaminants historiques (métaux lourds, hydrocarbures aromatiques polycycliques et composés organochlorés), de contaminants émergents (PFAS, pesticides et produits pharmaceutiques), ainsi que de macro-déchets et de micro-déchets.

Les données collectées contribueront à la réalisation de l’objectif de MIRAMAR, qui consiste à mettre en place un cadre de surveillance transfrontalier harmonisé, capable d’évaluer les impacts combinés de multiples pressions environnementales sur les écosystèmes marins et côtiers de la Méditerranée. En allant au-delà de l’approche traditionnelle axée sur un seul facteur de stress, le projet vise à générer des données scientifiques intégrées qui reflètent mieux la réalité complexe de la dégradation des écosystèmes.

Dans neuf zones pilotes réparties dans six pays méditerranéens, le projet MIRAMAR teste des méthodes innovantes de suivi et d’évaluation afin d’améliorer la compréhension des impacts cumulés et de soutenir la restauration des écosystèmes ainsi qu’une gestion résiliente au changement climatique. Les résultats du projet comprendront des protocoles de suivi harmonisés, des boîtes à outils pratiques, des feuilles de route opérationnelles et des exemples de bonnes pratiques destinés à accompagner les autorités environnementales et les professionnels de toute la Méditerranée.

Au-delà du suivi scientifique, MIRAMAR encourage l’implication des parties prenantes et la collaboration transfrontalière par le biais de « laboratoires vivants » et de processus de co-création, qui débuteront en octobre 2026. Ces activités, menées par le MIO-ECSDE, permettront de garantir que les solutions proposées par le projet répondent aux besoins locaux tout en restant transposables dans différents contextes de gouvernance.