Les défis environnementaux, climatiques et socio-économiques de la Méditerranée exigent une coopération transfrontalière, intersectorielle et intercommunautaire. C’était le message central de « Un nouveau pacte pour un avenir durable en Méditerranée », un rassemblement de trois jours qui s’est tenu à Athènes du 19 au 21 mai 2026 et qui a réuni plus de 200 décideurs politiques, chercheurs, entrepreneurs, représentants de la société civile, autorités locales et professionnels de toute la région méditerranéenne.
La première journée s’inscrivait dans le cadre du 9e Forum Circle the Med, l’une des plateformes méditerranéennes dédiées au dialogue et à la coopération en matière d’environnement, et a donné lieu à des débats politiques de haut niveau sur l’avenir du développement durable, la résilience climatique et la collaboration régionale. S’appuyant sur cette dynamique, les deux jours suivants ont accueilli deux rassemblements phares annuels de la mission Interreg Euro-MED « Économie durable innovante » (ISE) : le Sommet de l’innovation MED et la Communauté de pratique, organisés par les partenaires grecs de la mission, MIO-ECSDE et Dynamic Vision.
À travers un dialogue politique de haut niveau, des débats thématiques, des sessions de formation et des activités d’apprentissage entre pairs, les participants ont échangé leurs expériences et exploré des solutions concrètes pour bâtir une Méditerranée plus durable, plus résiliente et circulaire.
L’événement a débuté par des messages forts soulignant la nécessité d’une coopération régionale renforcée et d’une responsabilité collective pour relever les défis environnementaux, climatiques et socio-économiques interdépendants de la Méditerranée. L’ouverture du Forum a été marquée par des interventions de haut niveau de George Papandreou, ancien Premier ministre de Grèce, et de S.E. Constantine An. Tassoulas, président de la République hellénique, aux côtés de représentants d’institutions européennes et méditerranéennes.
L’énergie, un vecteur de résilience, de sécurité et de paix
L’un des faits marquants du Forum a été le dialogue politique de haut niveau intitulé « L’énergie, un pont entre la résilience climatique, la sécurité énergétique et la paix en Méditerranée ».
Réunissant des représentants des gouvernements, des institutions européennes, des organisations internationales et du monde universitaire, cette session a examiné comment la coopération en matière d’énergies renouvelables, les infrastructures transfrontalières et les investissements dans les énergies propres peuvent renforcer la résilience, apaiser les tensions et instaurer la confiance dans l’ensemble du bassin méditerranéen.
Parmi les éminents intervenants figuraient l’ambassadeur égyptien Omar Amer Youssef, Francesco Corvaro, envoyé spécial du gouvernement italien pour le changement climatique, Marija Pujo Tadić, conseillère spéciale et envoyée de la Croatie pour l’action climatique, Francisco Gaztelu Mezquiriz, de la Commission européenne, l’ambassadeur Hesham Youssef, de l’Institut européen pour la paix, et Simone Bastianoni, vice-recteur de l’université de Sienne.
Au nom du MIO-ECSDE, le professeur Michael Scoullos, président du MIO-ECSDE et chef d’équipe du projet WES-BCA, a souligné que la coopération environnementale sert depuis longtemps de plateforme pour le dialogue, l’instauration d’un climat de confiance et la stabilité régionale en Méditerranée. S’appuyant sur la vaste expérience et les initiatives régionales du MIO-ECSDE, notamment à travers le projet WES-BCA et d’autres partenariats méditerranéens, il a mis en évidence la manière dont le renforcement des capacités, l’engagement des parties prenantes et le partage des connaissances contribuent directement à la résilience climatique, au développement durable et à la coopération pacifique. Il a en outre souligné le rôle indispensable des organisations de la société civile en tant que facilitateurs du dialogue et ponts reliant les communautés locales, les décideurs politiques, les chercheurs et les institutions régionales.
Au-delà de la mitigation et de l’adaptation
La résilience climatique est demeurée un thème central du Sommet MED de l’innovation.
Au cours de la table ronde intitulée « Au-delà de la mitigation et de l’adaptation : vers une Méditerranée résiliente et adaptée au changement climatique », les experts ont examiné comment une prise de décision fondée sur des données factuelles, des méthodologies de prospective et des approches innovantes en matière de gouvernance peuvent aider les sociétés méditerranéennes à faire face à des risques climatiques de plus en plus complexes et interdépendants.
Le MIO-ECSDE a contribué au débat grâce à la participation de Dr. Thomais Vlachogianni, responsable des sciences, de la recherche et des politiques et chargée de programme principale, qui a présenté les travaux du projet MIRAMAR, dont le MIO-ECSDE est partenaire. Son intervention a souligné la nécessité d’aller au-delà des réponses fragmentées et sectorielles pour s’orienter vers des approches intégrées et transfrontalières qui intègrent les données sur le climat et les écosystèmes dans les cycles décisionnels courants. Cela implique d’utiliser systématiquement des outils tels que les projections climatiques, les évaluations d’impacts cumulatifs et les modèles basés sur les écosystèmes afin de favoriser une compréhension plus holistique des pressions cumulatives et des stress multiples, de renforcer la résilience dans tous les secteurs et sur tous les territoires, et de permettre une action plus coordonnée et fondée sur des données factuelles.

La discussion a montré comment la recherche, l’innovation et la coopération peuvent aider les régions méditerranéennes à faire face aux effets en cascade du changement climatique et à élaborer des stratégies prospères d’adaptation et de résilience.
De l’innovation à la reproduction : déployer des solutions à l’échelle de la Méditerranée
Le Forum a également mis en avant l’un des mécanismes de collaboration les plus fructueux mis en place dans le cadre de la mission ISE : le programme de mentorat et de jumelage, coordonné par le MIO-ECSDE.
Au cours d’une session dédiée de la communauté de pratique, Haris Paliogiannis, Responsable politique et programmes au MIO-ECSDE, a réuni des acteurs actuels et nouveaux, tant porteurs que bénéficiaires de solutions, venus de toute la Méditerranée afin de partager leurs expériences en matière de transfert de pratiques et de solutions innovantes entre territoires.
Les paires étaient les suivantes :
- Georges Youssef, directeur général d’Agrocedrus, et Vasileios Siomadis, Chambre de commerce de Preveza, projet OliveOilMedNet
- Tomaso Fortibuoni, chercheur à l’ISPRA, et Chrysa Efstratiou, HCMR, projet BLUE ECOSYSTEM
- Olga Batran, directrice, B-Hub de l’université de Birzeit & Fabiana Pirola, université de Bergame, projet GREENSMARTMED
- Konstantinos Papadakis, cofondateur, AgroID & Evdokia Balamou, Anetel, projet REVIVE
- Marion Kussmann, directrice des opérations, Confédération des associations d’entreprises égypto-européennes & Chrysovalantis Ketikidis, CERTH, projet VERDEinMED
- Béchir Béjaoui, professeur, Institut national des sciences et technologies marines de Tunisie (en ligne) & Ana Rotter, Institut national de biologie, projet 2B-BLUE
La session comprenait également une intervention de Najla Abdellatif Vallander, fondatrice et créatrice de Zero Waste Palestine, une nouvelle participante au programme, qui a partagé son expérience concernant la recherche d’un partenaire parmi les partenaires techniques actuels de la mission ISE en vue d’entamer une collaboration.
Dans l’ensemble, la session a montré comment le transfert de connaissances peut dépasser les frontières des projets et générer des impacts tangibles dans divers contextes locaux. Les exemples allaient des initiatives d’économie circulaire et d’agriculture durable à l’économie bleue et aux écosystèmes d’innovation, soulignant comment les pratiques fructueuses développées dans le cadre des projets Interreg Euro-MED sont adaptées et reproduites dans toute la région.
Il est important de noter que le programme étend de plus en plus son champ d’action au-delà des bénéficiaires directs du programme Interreg Euro-MED, permettant ainsi à des organisations et à des communautés de toute la région méditerranéenne de bénéficier de solutions éprouvées, d’une expertise et de réseaux de collaboration. Comme cela a été souligné au cours des discussions, la dimension humaine de la coopération reste un élément essentiel pour garantir la réussite du transfert de connaissances et un impact à long terme.
Construire une communauté d’action méditerranéenne
Le Forum a encore renforcé le rôle croissant de la Mission ISE en tant que plateforme de collaboration entre ses 23 projets thématiques et ses partenaires de gouvernance. À travers des groupes de travail thématiques, des sessions d’apprentissage entre pairs, des débats sur les politiques et le « Marketplace Village », les participants ont échangé des idées, identifié des opportunités de collaboration et contribué à définir des priorités stratégiques communes pour l’avenir.
Une mention spéciale a été adressée au soutien continu de l’Union pour la Méditerranée (UpM) et en particulier à Alessandra Sensi, responsable du secteur Environnement, économie verte et bleue au Secrétariat de l’UpM, dont la contribution a été déterminante pour renforcer les synergies entre les parties prenantes méditerranéennes et faire progresser les objectifs de la Mission ISE.
Au-delà des séances officielles, les participants ont eu l’occasion de poursuivre leurs échanges à travers des activités de réseautage et des événements culturels organisés à Athènes, renforçant ainsi davantage la communauté méditerranéenne qui s’est constituée autour de la Mission.
En tant que co-organisateur du Forum, le MIO-ECSDE était fier de contribuer à rassembler plus de 200 acteurs méditerranéens engagés à accélérer la transition vers des sociétés durables, résilientes et inclusives. Les discussions, les partenariats et les initiatives présentés au cours de ces trois jours ont réaffirmé une conviction commune : relever les défis de la Méditerranée nécessite un pacte renouvelé fondé sur la coopération, l’innovation, la solidarité et l’action collective.
Photos de Emin Yiğit Koyuncuoğlu, REVOLVE.




